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Visuel d'une chanteuse Live Experience

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Amaury Vassili

mardi 06 juillet 2010

Qui aurait pu deviner qu'Amaury Vassili, jeune coureur des concours de chant, intéressé par le lyrique, deviendrait un tel succès ? Ténor décontracté de 20 ans, il analyse cela comme un beau coup de chance... et une dose de travail quand même !

En pleine air electro et RnB pour des gens de ton âge, tu as décidé de te lancer en tant que chanteur dans un registre lyrique. D’où est venue cette idée, cette envie ?

 

J’ai découvert ce style avec Florent Pagny, qui avait chanté l’album « Baryton ». C’était une façon moderne de présenter le lyrique. J’ai voulu tester en concours de chant ce que ça pouvait donner et j’ai gagné plusieurs concours grâce à cela. J’ai alors envoyé une maquette à un producteur, en l’occurrence Gérard Louvin, qui m’a aiguillé en me disant que c’était un bon style musical à peaufiner car j’étais un peu le seul français à vouloir populariser cela. A l’étranger, il y a quand même des gens comme Josh Groban. Je me suis infiltré dans ce style musical qui est exactement ce que j’aime chanter, ce que j’aime envoyer vocalement. 

Tu as commencé très tôt les concours de chant. Comment te préparais-tu à cela ? Comment as-tu gagné de l’expérience sur ce terrain ?


C’est devenu comme une activité comme un jeu. Je n’avais pas beaucoup d’appréhension quand je chantais parce que j’y prenais vraiment du plaisir. Je retrouvais mes amis présents aux concours de chant, car ce sont souvent les mêmes. On retrouve pas mal les mêmes personnes. A l’époque, c’était un amusement, alors que là je ressens plus les contraintes métier, car il ya des choses supplémentaires à assumer, par exemple le côté scénique.

Que fais tu pour prendre soin de ta voix et l’entretenir ?


J’évite de l’user trop d’une manière générale. Je ne crie pas quand il y a une soirée, je fais des soirées comme tous les jeunes mais j’évite de gueuler systématiquement (rires). Ce sont des choses idiotes de la vie de tous les jours… Je chante peu finalement devant mes amis, car j’ai du mal à chanter avec très peu de public. Justement, les concours de chant m’ont d’une certaine façon traumatisés. Quand il y a trois ou quatre personnes qui me regardent chanter, je vis vraiment ça comme un jury. Encore plus quand ce sont des copains, parce qu’on se connait mieux. Je suis un mauvais chanteur pour mes amis ! Il faut travailler sa voix, évidemment. Il y en a qui se lèvent le matin pour aller au bureau, moi, mon bureau c’est ma chambre et je monte ma chaîne, je mets le son et je m’entraîne. Il n’y a pas de conseil spécial, à part qu’il ne faut pas en faire trop non plus. On pourrait croire que s’entraîner à excès cela pourrait donner plus de force à la voix, mais c’est faux car il faut vraiment travailler un juste millieu.

Peux-tu nous parler un peu des séances d’enregistrement de ton album « Vincero » ? Comment travailles-tu en studio ? Notamment avec Quentin Bachelet, ton réalisateur.


On a essayé d’enregistrer à peu près deux chansons par jour avec Quentin. Cela nous a pris grosso modo 10 jours et ensuite, on a tout réécouté, il a retouché quelques éléments, fait quelques arrangements et mixé et c’est là qu’on a tout modifié ! Quand il y avait des choses qui ne nous plaisaient pas, on redémarrait de zéro, quitte à tout effacer, parce que ma voix se développait avec le temps et avec le fait que je chantais en studio. Cela n’a rien à voir, la voix n’est pas la même, cela sonne différemment, il faut donc apprendre à se contrôler pour se remettre dans les conditions d’un direct devant un public. C’est vrai qu’on a tendance à changer sa manière d’interpréter en studio. Parfois, je vais accentuer le côté lyrique sur une séance pour « Parla piu piano ». L’interprétation de la chanson va se faire dans l’accentuation des graves et de la voix dite lyrique. Avec mon chant, je pousse pour donner plus de gravité à la chanson. Il y a tellement de petites choses à refaire parfois, de petits sons, le travail d’écoute de quelqu’un comme Quentin Bachelet est essentiel. Il est là derrière l’ordinateur et voit des choses que nous ne voyons pas en cabine. C’est ce qui m’a impressionné : voir à quel point un album est beau parce qu’il y a un travail pour replacer pour tout recaler pour pas qu’il n’y ait la moindre fausse note évidemment. Il a été aussi coach, il me donnait des conseils derrière la vitre pour attaquer certaines notes de telle manière. Lui, sait ce qu’il veut entendre sur la bande. On prend notre temps pour faire les choses biens de toute façon.

Le single "Vincero" a été écrit par Davide Esposito et composé par Stanislas. Comment les as-tu rencontrés ? Est-ce que cela a été facile de conquérir les radios ?


J’ai connu Davide grâce aux chansons qu’il avait faites pour Florent Pagny et Grégory Lemarchal et j’adorais le style de ses chansons. Donc, quand Dominique Gau, mon premier directeur artistique m’a proposé des chansons de Davide j’ai trouvé ça génial car c’est la musique que j’aime chanter. Avec Stanislas, j’ai eu l’occasion de le rencontrer une ou deux fois et de parler un peu. Il m’a quand même composé le morceau titre de l’album « Vincero » qui est superbe je trouve ! Pour ce qui est des radios, on n’a d’ailleurs pas vraiment réussi à les conquérir. Mais, on a réussi à conquérir France Bleue qui nous a fait faire des concerts et plein d’événements en France. Il devrait y en avoir d’autres aux Arènes de Nîmes. Bref, peut-être qu’un jour je serai diffusé sur les autres radios mais je suis déjà bien content d’avoir un beau partenaire comme ça !

Et 200 000 albums vendus rien que ça…


Sans vouloir me vanter, même bientôt 300 (rires). On doit être à 280 000 là. C’est un très bel objectif pour finir sur un chiffre rond. 

Est-ce que tu continues les études en parallèle ou est-ce que tu te consacres pleinement à la musique ? Peux-tu en vivre aujourd’hui ?
 

Oui je peux en vivre car j’ai eu la chance de tomber sur les bons producteurs au bon moment et d’avoir ce succès commercial. Après, j’avais déjà la chance de vivre de la musique, deux ans avant la sortie du disque, car j’étais intermittent du spectacle donc j’étais intermittent à l’âge de 18 ans. C’est un peu l’accession à la cour des grands, là. En ce moment, je suis un peu projeté partout à travers le monde entier donc c’est une chance inespérée pour mes 20 ans. Donc faut pas que je me loupe (rires) !

Tu as fait ton concert dans la mythique salle de l’Olympia. Qu’est ce que cela t’a fait ? Comment t’y es-tu préparé ?

L’Olympia, c’est énorme… C’est la plus mythique des salles de France. Je me suis pas mal préparé psychologiquement : bains de soleil et décompression ! Les répétitions du 14 et 15 juin ont été bien intensives. C’est une salle où tu dois aller plus dans la douceur que dans l’explosion car il y a quand même une grande intimité pour une grande salle. L’idée est surtout de rendre les choses agréables à l’oreille. Je vais être dans la recherche de la belle note, du beau chant, plus que dans la pure énergie.

Que vas-tu faire dans un avenir proche ?


J’enchaîne avec une tournée en Angleterre. Mon album parait le 12 juillet là bas, donc c’est une opportunité fantastique. L’album est déjà distribué en France, au Canada, en Afrique du Sud, en Begique et Suisse. Il va bientôt être disponible en Pologne et en Finlande où je me suis rendu pour sa promotion. Le principal c’est quand même l’Angleterre : si on y arrive là bas, cela nous ouvrira les portes de l’international à l’état pur. Pourquoi ne pas toucher les Etats-Unis ? C’est un peu le rêve ultime. Comme les pays sortent l’album au fur et à mesure et prennent le temps, mon deuxième album sera certainement réservé au public français, belge et suisse. C’est l’axe qu’on veut un peu donner car il faut laisser une vie à l’album dans les pays qui viennent de le sortir. C’est en France que je dois m’imposer justement. Dans le showbizzz (rires) !

Si tu avais un conseil à donner à un jeune artiste qui se lance dans son projet musical comme toi, quel serait-il ? Qu’est ce qui a fait la différence par rapport à d’autres jeunes ténors talentueux ?


Il faut avoir une volonté de fer ! S’il y a bien quelque chose qui me caractérise c’est ça. Il ne faut pas lâcher, toujours vouloir réussir. Et il faut essayer d’être le plus présent possible, même si ce n’est pas toujours facile, le plus présent possible dans les grands rendez-vous. J’ai eu énormément de chance, se comparer à moi c’est un peu spécial. A 16 ans, j’ai rencontré des producteurs qui ont bien voulu m’épauler et ont cru en moi. Il ne faut pas rêver non plus, mais il faut croire en ce que l’on fait. Le plus important est de savoir défendre son projet : moi, j’aime ce style musical là, j’ai su le défendre. Dans le milieu de la télé, ce n’est quand même pas facile. Le petit coup de chance, il s’est appelé Maman parce que c’est elle qui m’a soutenu et s’est occupée de moi au début, mais c’est aussi Gérard Louvin effectivement et, pour rendre un petit hommage, Pascal Sevran parce que c’est le premier à m’avoir fait passer à la télé et donc à déclencher tout ça. Il faut aussi savoir se remettre ne question, en particulier au niveau des choix de chanson. Quand on passe un concours de chant, il faut essayer de chercher l’originalité, se démarquer : qu’est ce qu’on n’a pas l’habitude d’entendre ? Si évidemment, cela correspond à ce qui nous plait ! 


Interview réalisée par Florent
© 2010 SING CITY


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