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Visuel d'une chanteuse Live Experience

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Nicolas Varak et Pascal Lafa

mardi 15 juin 2010

Nicolas Varak et Pascal Lafa sont les fondateurs de Yousingyouplay, première plateforme d'échange entre les interprètes et les auteurs-compositeurs. Ils reviennent en détail pour Sing City sur le concept et l'importance de choisir "sa" bonne chanson.

Quel est votre parcours à tous les deux avant la création de Yousingyouplay ?

 

Pascal :

Je suis auteur, compositeur, interprète et également réalisateur, mais je suis principalement compositeur et chanteur. En portant plein de casquettes, on a forcément une vision un peu plus large et c’est ce qui nous a donné l’idée de créer ce nouvel outil. En tant qu’auteur et compositeur, j’ai été amené à collaborer avec Jenifer, Faudel, j’ai également fait des musiques de longs métrages comme « The Dancer » de Luc Besson et des musiques de pub. En tant que chanteur, j’ai écumé les scènes de France et de Navarre avec à mon actif, un album il y a 10 ans, produit par Nagui qui avait monté un label. Un nouvel album est en préparation avec Nicolas et il devrait sortir dans les 2-3 prochains mois.

Nicolas :

Moi, je suis plus un homme de studio. J’ai commencé comme ingénieur du son et mixeur à Londres où j’ai eu la chance de bosser dans de grands studios, dont cinq ans dans le studio Maison Rouge dans les années 80. Comme assistant ou ingénieur, j’ai pu travailler avec les Fine Young Cannibals, Tears for Fears, A-Ha etc. J’ai également été l’assistant de Chris Kimsey pendant deux ans, producteur entre autres des Rolling Stones, de Duran Duran, INXS... Rentré en France, j’ai continué ma vie d’ingé son avec des artistes comme Manu Di Bango, Zouk Machine, Autour de Lucie, Noir Désir… J’ai réalisé mon premier disque chez Trema avec un groupe qui s’appelait Les Infidèles, un gros succès, puis en 1995, j’ai monté mon studio et j’ai fait mes premières compositions et textes sur un groupe qui s’appelait les 2Be3 et qui a connu le succès que l’on sait. C’est mon plus grand succès commercial et une aventure fantastique qui a duré 3-4 ans. Puis beaucoup d’électro comme Bosco. Je me suis un peu éloigné du studio entre autres pour bâtir Yousingyouplay. 

Quel est l'idée d'origine de la plateforme Yousingyouplay ? 

Nicolas :

Et bien je me suis rendu compte qu’autour de moi, il y avait plein d’auteurs compositeurs comme Pascal qui me faisaient écouter des titres incroyables, mais ils étaient au fond du disque dur et ne trouvaient pas forcément leur interprète. Par exemple, Pascal a placé 2 ou 3 chansons à Jenifer, mais il en avait composé en tout 6 ou 7 et ce sont ces titres non retenus, pourtant très bons, qui restent encore à la recherche de leur interprète ! 

Pascal :

En effet, à une époque, quand tu voulais placer une chanson sur un album, tu achetais une maison dans le sud avec piscine. Prenons aujourd’hui le dernier titre que j’ai placé sur un album de Laam : elle en a vendu 50 000 (ce qui est déjà très bien de nos jours !) et j’ai gagné 1 200€ ! Bon bien sûr, le titre n’a pas été sorti en single donc moins exposé. Mais ce travail (important car pour placer un titre, tu en composes 6 !) n’est hélas plus tellement rémunérateur. D’où l’intérêt de Yousingyouplay qui a pour but de redonner de la valeur aux chansons. L’idée est que tout reprenne sa juste place. Les auteurs-compositeurs sortent de l’ombre et les interprètes peuvent, de leur côté, choisir leur chanson. 

Quelle est la difficulté selon vous pour un interprète dans son chemin pour trouver « la » bonne chanson ?

Nicolas :

Certaines chansons n’ont pas forcément trouvé preneur, mais le problème des interprètes est plus compliqué que cela. Prenons l’exemple d’une interprète à Aix-en-Provence : elle va appeler Pascal ou un auteur-compositeur un peu renommé pour qu’il lui compose un titre. La première question que va lui poser Pascal, c’est : "vous êtes signé chez Warner ? Universal ?", "ah, non, vous chantez bien au moins ?"… Donc, cette interprète ne peut pas accéder aux chansons de ces personnes, elle va donc voir le guitariste de son quartier et va lui demander de composer une chanson pour elle. Grâce à yousingyouplay, cette interprète va pouvoir accéder à un catalogue de chansons, de vraies chansons. Elle va même pouvoir filtrer par genre, par niveau de difficulté, par langue… La différence par exemple de vos chansons à la carte chez Sing City, c’est que la chanson n’est pas spécifiquement composée pour la personne. Mais celle-ci a accès à un vaste choix pour trouver son bonheur. 

Cela s’adresse à des interprètes qui ont envie de trouver une chanson donc ?

 

Nicolas :

C’est effectivement aussi pour se tester par rapport à une chanson. Comme le prix est plus que raisonnable, l’interprète pourra s’essayer à une ou plusieurs chansons. Le choix peut se faire en concertation avec le professeur de chant de la personne par exemple. La chanson peut être téléchargée 1000 fois, donc 1000 interprètes différents peuvent donner leur version de la chanson. Mais c’est le premier qui aura un succès commercial avec cette chanson qui va réussir vraiment à se l’accaparer ! Comme dans la vraie vie d’ailleurs : pour tout le monde, « My Way », c’est Frank Sinatra, mais il y a plus de 1200 interprétations de cette chanson ! On peut même avoir une chanson, comme « J’envoie valser » et la faire vivre dans deux univers artistiques différents, celui de Zazie et celui d’Olivia Ruiz.

D’un autre côté, si je suis auteur-compositeur, est ce que je peux vous proposer des choses ?


Pascal :

Bien sûr, c’est le but ! On n’est pas en train de faire quelque chose entre nous, ce site s’adresse avant tout au grand public et nous encourageons naturellement la recherche de nouveaux talents dans la composition. A travers ces jeunes auteurs compositeurs, on peut avoir accès à de super chansons. Après, il y a naturellement un filtre artistique, une direction qu’on gère entre nous. S’il y a une mélodie, des couplets et un refrain, c’est déjà un bon départ. Ce qu’on va refuser, par exemple, c’est le type qui va enregistrer dans sa cuisine ou alors un morceau qui n’a aucune structure harmonique ou encore un texte qui va nous paraître aberrant. Mais on ne se base évidemment pas sur nos goûts, parce que c’est trop subjectif.

Nicolas :

On est par exemple tombé sur une chanson qui est une petite pépite. Elle vient d’un auteur compositeur compositeur inscrit sur le site récemment, on va d’ailleurs l’utiliser pour notre grand concours pour la fin de l’année !

Je me replace du côté de l’interprète : quand je choisis une chanson sur Yousingyouplay, qu’est ce que je vais avoir et que vais-je avoir le droit de faire ?


Nicolas :

Dans le prix (24,99€ NDLR), il y a un pack avec l’autorisation de l’auteur-compositeur d’utiliser et d’interpréter cette chanson, la bande play-back sur laquelle on va pouvoir poser sa voix et le texte. Quand vous avez enregistré votre voix, soit via notre mini recorder spécialement développé sur le site, soit dans des conditions professionnelles comme avec Sing City, vous pouvez l’utiliser sur tout le web pour vos démarchages promo. Cela permet de se faire un catalogue de chansons pour aller voir des producteurs, des maisons de disques… Mais en aucun cas vous ne pouvez vendre cette chanson ! Car vous achetez un droit d’utilisation, mais la bande play-back appartient à l’auteur-compositeur qui l’a produite.

Pascal :

C’est comme dans la vraie vie. Il m’est arrivé de donner mon autorisation à certains artistes pour utiliser un de mes titres. Par exemple, Faudel est venu quelques fois enregistrer en studio avec moi : il enregistre sa voix, mais cela ne veut pas dire que la chanson lui appartient. Il repart avec mais cela ne me garantit pas qu’elle sera sur son prochain album, tout comme je peux ne pas lui permettre de le faire. Or, sur trois chansons, une finalement figure sur son album, mais j’aurais très bien pu ne pas lui donner l’autorisation de la commercialiser et il aurait pu changer d’avis et ne pas l’utiliser. On ne vend donc pas des chansons puisqu’une chanson, cela ne se vend pas, c’est très clair dans le code de la propriété intellectuelle. Mais on vend le travail de l’arrangeur, des musiciens, du studio, du temps passé à enregistrer la maquette. On le vend peu cher car on considère que cela ne vaut pas « véritablement » d’argent, mais une bande play-back n’est quand même pas gratuite. Et comme c’est une œuvre qui est une création, il paraît évident que les auteurs-compositeurs doivent être rémunérés pour le travail effectué et le temps passé.

Nicolas :

Une chanson n’existe pas sans interprète et vice versa, donc on essaye de réunir les deux !

Si vous aviez un conseil à donner à un jeune artiste qui a un projet musical, quel serait-il ?


Pascal :

Je lui conseille juste d’y croire, il n’y a pas d’autre chose à conseiller, il faut avoir la foi !

Nicolas :

On oublie souvent, surtout aujourd’hui, que la genèse même d’un projet dépend de plusieurs choses. Déjà il faut que la personne sache chanter : on en croise pas mal qui pensent savoir chanter alors qu’il vaut mieux arrêter pour eux, faire autre chose et il n’y a rien de dégradant là dedans. Il faut faire écouter ce que l’on fait à des gens, monter sur scène pour voir si on aime ça et puis trouver ses bonnes chansons. Quand tu as une chanson excellente, très bien interprétée, tu mets quand même un maximum de chances de ton côté ! 


Rendez-vous sur le site de Yousingyouplay


Interview réalisée par Florent
© 2010 SING CITY


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